GENOCIDE 1915-2015………….  2115 ?

DES JUSTES ONT AUSSI EXISTE DANS LA TURQUIE OTTOMANE

Durant la période du génocide il y a eu, de toute évidence, une majorité de massacreurs turcs et kurdes. Toutefois il a eu aussi des hommes d'honneur qui ne pouvaient admettre, en leur âme et conscience, de telles horreurs, ils ont donc protégé des arméniens de la mort, les ont aidés à s'enfuir. Ils l'ont fait à leurs risques et périls comme ce fût le cas en France pour ceux qui ont sauvé des juifs des nazis.Quelle a été l'importance du phénomène? C'est difficile à déterminer, les recherches en sont à leur début. En effet dans le climat qui régnait alors, et qui règne encore, le risque était grand, et il le reste encore. Mais les choses évoluent positivement, de ce point de vue, en Turquie.Certains cas sont connus, d'autres moins et aussi  pas du tout. Amis lecteurs si vous avez des témoignages, ou des références bibliographiques faites les nous connaître. En effet ceci est une première esquisse.Dans le DERSIM  (il convient de consulter sur ce point l'ouvrage de E. Kérivel, Les Fils du Soleil, Arméniens et Alévis du Dersim, Ed. Sigest, 2013), Hüseyin Nesimi était, en 1915 le sous-préfet du district de Lice. Pour gagner du temps il demanda au gouverneur (Memed  Resit Bey l'un des fondateurs du Comité Union et Progrès), une lettre officielle de confirmation d'expulsion des arméniens et interdit aux gendarmes et militaires d'attenter à la vie des chrétiens, qu'il avait avertis de leur sort futur. Il fut convoqué par le gouverneur, se mit en route à cheval avec une escorte. Il fut assassiné dans une embuscade montée par le sanguinaire  Resit Bey près du village de Karaz. Bien que les faits aient été attestés on attribua l'embuscade aux arméniens! Comme gouverneur Reshit fut également l’artisan du renvoi et du meurtre d’autres officiels qui s’étaient opposés à la déportation : Mehmet Hamdi Bey, maire de Chermik, Mehmet Ali Bey, maire de Savur, Ibrahim Hakki Bey, maire de Silvan, Hilmi Bey, maire de Mardin, auquel succéda Shefik Bey.Ce sous préfet fit également assassiner pour des raisons identiques Rasid Bey en poste à Derik et le sous préfet adjoint de Besiri Ali Sabit Es-Süveydi. Selon Rouben Melkonian (On history and actual problems of Armenians of Dersim, Globus National Security n°5, Noravank Foundation, 2010),  « Les relations amicales des Arméniens du Dersim avec leurs voisins Alévis zazas ont joué un grand rôle durant le Génocide Arménien de 1915 : selon différentes sources environ 30 à 40 000 Arméniens du Dersim et des régions environnantes habitées par les Arméniens ont été abrités par les Alévis zazas. Il faut aussi mentionner que certains chefs locaux des clans Alevis zazas ont sauvé des Arméniens du fait de leur foi qui est anthropocentriste."De plus dans le Dersim les Alévis Kurdes pour lesquels le droit d'asile est un devoir sacré ont organisé des filières d'évasion en particulier à Harput/ Elazığ, Palu et Kemah. Il est possible d'en trouver des témoignages dans l'ouvrage du Révérend Riggs (Days of tragedy in Armenia, personal experiences in Harpoot 1915-1917, Gomidas Institute, USA 1997).Mehmet Djelal Bey, gouverneur d'Alep s'est opposé à la déportation des arméniens dans les déserts syriens. Il fut muté à Conieh (Konya) où il va récidiver,  protéger la population arménienne, s'opposer à leur spoliation.  Là se compare à « quelqu’un assis près d’un fleuve, sans aucun moyen de sauver quiconque. Le sang coulait à flots, le long du fleuve, tandis que les eaux charriaient des milliers d’enfants innocents, de vieillards irréprochables et de femmes sans défense vers l’oubli. J’ai sauvé tous ceux que j’ai pu sauver de mes mains nues, et le reste descendait le fleuve, sans jamais revenir. » Son arrière petit fils l'apprendra un peu par hasard... l'aïeul était un peu encombrant dans la Turquie nationaliste. Comme par hasard sa situation personnelle s’est dégradée depuis…Hasan Mazhar Bey, limogé en 1915, était gouverneur d’Ankara, il a protégé la communauté arménienne : « Je suis un vali, non un criminel ! Que quelqu’un d’autre vienne prendre ma place pour exécuter ces ordres ! ».Faik Ali (Ozansoy) Bey était gouverneur à Kütahya, il refusa d’appliquer l’ordre déportation et  donna des ordres pour protéger les déportés arméniens arrivant de toutes parts.Dans le massif du Sindjar, appartenant au vilayet de Mossoul, le cheikh Hammo Chero va accueillir et nourrir plusieurs milliers de chrétiens, en majorité arméniens. Cet accueil apu se faire grâce à des réseaux d'évasion, kurdes, arabes, yézidis, qui vont se mettre en place à partir de Nisibe et de Ras ul-Aïn. A travers l'Empire d'autres fonctionnaires on dit "NON" : Réchid Pacha, gouverneur de Kastamonu ; Tahsin Bey, gouverneur d’Erzeroum ; Ferit Bey, gouverneur de Basra ; Mehmet Cemal Bey, gouverneur du district de Yozgat ; et Sabit Bey, gouverneur du district de Batman. Le maire de Malatya Mustapha agha Azizoglu fut assassiné par son propre fils car il essayait d'éviter la mort aux Arméniens.Mais il eut aussi des villageois qui ont caché leurs voisins T. Akçam a dédié son livre à une de ces familles celle de  Haji Halil. Il reste encore à découvrir bien des histoires familiales.Evidemment ces hommes courageux ne figurent pas dans les livres d’histoire en Turquie, ce sont des « traitres » selon la version officielle. Comme l’écrit Raffi Bedrosyan dans « The Armenian Weekly » (29/07/2013) : « Les citoyens de la Turquie ont aujourd’hui deux options, lorsqu’ils commémorent leurs ancêtres comme des héros : suivre les pas soit des tueurs en masse et des pillards qui perpétrèrent des crimes contre l’humanité, soit ceux d’êtres humains vertueux, pleinement conscients, qui tentèrent d’empêcher ces mêmes crimes contre l’humanité